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Dispersion ou diversification: ne confondez plus

Vous avez 10 placements. Mais êtes-vous vraiment diversifié ? C’est l’un des pièges les plus fréquents lorsque l’on construit son patrimoine.

Dispersion ou diversification: ne confondez plus

Avoir plusieurs placements ne signifie pas nécessairement être bien diversifié. C’est une confusion fréquente en matière d’investissement : on multiplie les produits en pensant réduire le risque, alors qu’on ne fait que multiplier les lignes.

La différence entre dispersion et diversification est essentielle.

La dispersion consiste à répartir son argent entre différents produits. Vous détenez plusieurs actions, plusieurs ETF, quelques fonds, de l’immobilier, une assurance-vie et peut-être même plusieurs contrats. Sur le papier, votre patrimoine paraît diversifié. Mais que détiennent réellement tous ces investissements ? Car plusieurs placements peuvent être exposés aux mêmes risques. Vous pouvez par exemple détenir cinq fonds différents qui investissent majoritairement dans les mêmes grandes entreprises américaines. Vous avez cinq lignes dans votre patrimoine. Mais votre exposition économique peut rester très concentrée.

Plus de produits ne signifie donc pas nécessairement plus de diversification.

La diversification consiste à éviter qu’une partie trop importante de votre patrimoine dépende d’un même risque. Elle peut s’envisager selon plusieurs dimensions : les classes d’actifs, les zones géographiques, les secteurs d’activité, les entreprises, les devises, les horizons, les besoins de liquidité…

L’objectif n’est pas de tout posséder, mais de construire une répartition cohérente des risques avec votre situation et vos objectifs.

Un exemple simple : imaginez deux portefeuilles.

Portefeuille A : 8 ETF, 5 fonds, 10 actions, 2 contrats d’assurance vie. Cela peut sembler diversifié. Mais si la majorité de ces investissements sont par exemple exposés aux entreprises technologiques américaines, la diversification réelle peut en réalité être plus faible qu’elle n’y paraît.

Portefeuille B : quelques placements répartis sur différentes classes d’actifs avec différentes zones géographiques, divers secteurs d’activité et plusieurs niveaux de liquidité. Le nombre de ligne peut être inférieur au portefeuille A mais la répartition des risques peut être plus équilibrée.

La diversification ne se mesure donc pas au nombre de produits détenus.

Le bon réflexe à avoir est de  raisonner en expositions. Au lieu de vous demander quel est le bon nombre de placements à détenir, posez-vous plus tôt la question de savoir à quels types de risques votre épargne est exposée : quelle part dépend des marchés actions, quelle part dépend de l’immobilier, quelle part reste disponible à court terme…

C’est en répondant à ces questions que l’on passe d’une logique de collection de produits à une véritable réflexion patrimoniale.

La dispersion consiste à multiplier les placements. La diversification consiste à répartir les risques.

La première peut donner une impression de sécurité. La seconde repose sur une analyse réelle des expositions.

Construire un patrimoine ne consiste pas à accumuler des produits financiers, mais à comprendre comment ils fonctionnent ensemble.

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